Les normes de genre traditionnelles dans le logo de CAYC
Le logo d’une organisation est un puissant communicateur visuel de croyances et de valeurs. La CAYC existe depuis près d’un demi-siècle et son logo, créé vers 1974, raconte clairement l’histoire de cette génération.

Bien que nous ne fassions pas partie de ces conversations, on pourrait soupçonner que les deux enfants – un garçon et une fille – représentent des enfances heureuses, des familles traditionnelles et, peut-être, les progrès de l’égalité des sexes dans les années 1970. Cependant, à l’heure actuelle, le logo – dans sa conception de genre simpliste – est problématique et soutient une binarité de genre répressive. Le personnage du « garçon » est d’abord remarqué par notre œil occidental, car il est positionné à gauche, conformément à la façon dont les textes occidentaux sont lus et écrits. Il est plus grand que le personnage de la « fille », renforçant ainsi la construction de la masculinité hégémonique de l’homme comme fort et dominant. Le personnage de la « fille » a les cheveux longs et porte une robe. Ces attributs, associés à la petite taille de la « fille », renforcent la féminité idéalisée occidentale de la beauté, de la passivité, de la faiblesse et d’une déférence attendue envers la masculinité. De cette manière, le logo renforce la construction culturelle des opposés binaires et du sexisme, tout en ignorant les compréhensions actuelles du genre comme une construction principalement sociale, comme une expression, et comme étant fluide. De plus, les corps triangulaires des personnages se fondent les uns dans les autres, donnant l’illusion que le « garçon » et la « fille » se tiennent la main, renforçant l’hétérosexualité comme une attente culturelle de la masculinité et de la féminité, ainsi que l’hétéronormativité persuasive qui l’accompagne dans notre société.
Votre avis?
Le genre et la sexualité basés sur des attentes binaires et dépassées de la masculinité et de la féminité sont enracinés et soutenus par des images telles que le logo de la CAYC, délimitant et dévalorisant d’autres façons d’être.
Quelles autres histoires voyez-vous racontées dans le logo de la CAYC ou dans d’autres logos qui représentent des enfants dans notre société?
Quels récits soutiennent-ils?
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À propos des autrices Nicole Trottier est enseignante des premières années dans la division scolaire Seven Oaks à Winnipeg. Elle est également étudiante à l’Université du Manitoba, où elle prépare sa maîtrise en éducation. Sa thèse explorera la remise en question des constructions normatives du genre et de l’hétérosexualité chez les enfants dans les classes des premières années par le biais de la littérature jeunesse. Melanie Janzen est une ancienne enseignante des premières années et professeure agrégée au département de curriculum, d’enseignement et d’apprentissage de l’Université du Manitoba. Ses recherches explorent les interactions entre le pouvoir et les discours tels qu’ils sont liés à la construction des identités et à la marginalisation des enfants. |
CAYC - Mai 2021